Aménagement durable des forêts

La récolte

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Les interventions sur le terrain

La forêt mosaïque demeure un modèle d’aménagement forestier durable et respectueux. Mais, comment, jour après jour, se réalise ce modèle à la Forêt Montmorency ?

La forêt comme un fromage gruyère !

L’intervention préconisée par le modèle d’aménagement de la forêt mosaïque est la coupe à blanc par trouées dispersées avec protection de la régénération préétablie... un bien grand titre, mais facile à saisir ! Une trouée est une coupe qui crée une ouverture d’une grosseur moyenne de 8 à 10 hectares, où tous les arbres sont récoltés. Voilà pourquoi on parle de coupe à blanc. Mais rien ne sert de s’alarmer ! À la Forêt Montmorency, les coupes à blanc par trouées sont environ cinq fois plus petites que celles réalisées par les compagnies forestières et, de plus, elles sont dispersées sur le territoire, un peu comme les trous dans un fromage gruyère !

Limiter les dégâts dans le sous-bois

La récolte du bois se fait avec un grand souci de favoriser la régénération des jeunes arbres présents dans le sous-bois. Comment ? En limitant le passage de la machinerie forestière à des sentiers prédéterminés, appelés sentiers de débardage. Ainsi, seulement quelques endroits de la forêt subissent les dommages causés par le poids de la machinerie. De plus, depuis 1999, des coupes s’effectuent pendant l’hiver à la Forêt Montmorency. La neige protège donc la régénération.

La coupe progressive, un outil pour les paysages forestiers

Que recherche-t-on lors de randonnée en forêt boréale? De la forêt justement... et non pas des coupes ! Il importe donc de concilier foresterie et activités de plein air, entre autres par la coupe progressive irrégulière, effectuée sur le bord des sentiers et des chemins. Progressive parce qu’elle s’effectue en plusieurs étapes, irrégulière parce que les interventions se réalisent sans échéancier fixe.

Comment ça se passe sur le terrain ?

Lors de la première récolte, on laisse des arbres à intervalle de 3 à 4 mètres pour garder une certaine densité d’arbres et pour conserver des arbres semenciers afin d’assurer la régénération. Par la suite, à tous les 12 à 15 ans, on récolte certains arbres matures et on en laisse d’autres sur pied. En bout de ligne, la coupe progressive irrégulière permet de récolter le bois sans affecter outre mesure l’aspect visuel de la forêt.

 

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Et si rien ne repousse ?

Dans les sapinières riches, la régénération naturelle est moins bonne; les graines de sapin germent mal dans l’humus très humide. Pour remédier à cette situation, deux moyens sont utilisés à la Forêt Montmorency : la plan­ta­tion et la coupe d’ensemencement.
La plantation consiste à planter des semis de sapin dans les endroits où ils ne sont pas présents. Les sentiers de débardage, par exemple, né­cessitent régulièrement l’ajout de semis en raison du passage de la machinerie.

La coupe d’ensemencement vise à conserver des arbres semenciers sur pied, particulièrement des épinettes. Cette coupe, qui favorise l’établisse-ment de l’épinette par rapport au sapin, permet entre autres de réduire la vulnérabilité de la forêt face à la tordeuse des bourgeons de l’épinette, insecte très friand du sapin.

Une attente garante de l’avenir de la forêt

En forêt boréale, le bois est récolté lorsque la forêt atteint l’âge de 55 ans. À la Forêt Montmorency, on patiente cinq ans de plus, l’âge d’exploitabilité de la forêt étant fixé à 60 ans. Les semis en profitent…  ainsi que les ges­tion­naires de la forêt ! Ces cinq années supplémentaires assurent un meil­leur établissement de la régénération; les semis seront plus gros et plus vigoureux lors des coupes. Les gestionnaires, quant à eux, profitent aussi de voir la forêt reprendre rapidement grâce à cette régénération naturelle bien établie.

On fait de la place !

Comment faciliter la croissance des semis? En effectuant un éclair­cis­sement, c’est-à-dire en retirant certains semis pour donner à ceux qui restent plus de lumière et d’éléments nutritifs.  Cette technique s’appelle le dépressage. C’est comme diviser les jeunes plants de carotte du jardin pour accélérer leur croissance.


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